La philanthrop-IA : Quand l’intelligence artificielle se met au service des OBNL

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À l’instar des autres secteurs, la philanthropie fait une place grandissante à l’intelligence artificielle (IA). Tout en adoptant une approche prudente, la Fondation des artistes innove et met à profit ces avancées au service de sa cause dans le cadre d’un projet-pilote.

« Les OBNL en ont déjà beaucoup sur les bras. Nous avons donc créé un outil pour leur économiser du temps, mais aussi améliorer l’expérience du donateur et les rendements des campagnes de financement », décrit Clément Roy, fondateur et président de Nukleo. Cette firme spécialisée dans la stratégie technologique et numérique teste actuellement sa nouvelle plateforme, causepilot.ai, avec la collaboration de différents organismes, dont la Fondation des artistes.

« Causepilot.ia fait ce dont rêve le milieu de la philanthropie, en les aidant à faire des collectes de fonds en ligne plus facilement et plus rapidement », résume celui qui est également co-président du Cercle des Jeunes philanthropes du Musée des Beaux-Arts de Montréal.

Cette technologie offre aussi davantage de personnalisation des messages envoyés aux donateurs. « Avant, des logiciels changeaient seulement le prénom de la personne sollicitée en gardant le même message. Je ne connais personne capable d’écrire 50 000 courriels différents. L’IA le permet, souligne Clément Roy. Désormais, l’IA va rédiger un courriel plus complet et adapté dans le ton et la forme, jusqu’au formulaire de don. Et ce, avec une voix décidée par l’OBNL qui utilise l’outil. »

Selon ses concepteurs, cette approche permettrait d’augmenter l’engagement des donateurs et d’améliorer les résultats des campagnes, tout en demeurant un outil d’appui aux équipes internes.

« À quelqu’un dont le don moyen est de 500 $, on proposera de faire une contribution autour du même montant, illustre Clément Roy. Mais on ne suggérera pas la même chose à quelqu’un qui donne 10 $ en moyenne. Les outils s’adaptent, parce que chaque don est important, chaque donateur est important. »

Délester les épaules des OBNL

Si Causepilot.ai est encore en phase de projet-pilote, les OBNL participant aux essais peuvent fournir leurs suggestions pour améliorer la plateforme. « Le but est de concevoir un outil qui les aide vraiment en travaillant avec eux, pour eux », souligne Clément Roy.

Dans le milieu philanthropique, plusieurs tâches administratives ou répétitives peuvent être exigeantes pour des équipes souvent de petite taille. L’IA peut alors agir comme un outil de soutien, en facilitant certaines opérations et en libérant du temps pour des activités essentielles comme l’accompagnement, la stratégie et la relation avec les donateurs.

L’objectif n’est pas de remplacer les expertises humaines, mais de les soutenir et de les amplifier dans un environnement en constante évolution.

« Les plus petites fondations qui ont moins d’effectifs et de moyens ne peuvent souvent pas se permettre de faire tout ça », plaide Clément Roy.

Ainsi, cette technologie dont le lancement officiel est prévu à l’automne servira à automatiser certaines tâches répétitives pour que ces ressources précieuses puissent dédier davantage de temps à ce qui compte.

La protection des données est par ailleurs au coeur des préoccupations de la Fondation des artistes. Avec l’utilisation de cet outil fait au Québec, les informations seront stockées au Canada, et ne seront donc pas assujetties à des lois étrangères telles que la Cloud Act aux États-Unis.

Aider les artistes sans les remplacer

Alors que l’IA bouleverse déjà le milieu des arts et de la culture, Clément Roy insiste sur le fait que sa plateforme n’est pas conçue dans le but de se substituer à la créativité humaine. « Les visuels, la marque, les éléments propres à une fondation ne seront pas remplacés par notre outil, rappelle-t-il. On se limite à créer un copilote intelligent pour la levée de fonds. » En optimisant certaines opérations, l’objectif est de dégager davantage de temps et de ressources pour l’accompagnement humain, qui demeure au cœur de la mission de la Fondation.

Un moyen de plus qui servira de levier à la Fondation des artistes pour peut-être, augmenter sa portée auprès des créatrices et créateurs se retrouvant en situation vulnérable. « En testant déjà cet outil, ça montre que la Fondation des artistes cherche constamment à s’améliorer et à être plus efficace tout en étant tournée vers l’avenir », dit-il.

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