Transmettre son amour de la culture autrement

Transmettre son amour de la culture autrement

Avec un don planifié, le soutien à la Fondation des artistes devient plus qu’un legs financier. Il se transforme en héritage et permet de transmettre l’identité culturelle québécoise, en aidant les créateurs et créatrices d’ici à poursuivre leurs activités.

À l’image du personnage de Zéro Janvier interprété par Claude Dubois dans Starmania, Robert Tozzi « aurait voulu être un artiste ». Celui qui dirige plutôt le cabinet Pactole Stratégies financières a longtemps caressé des ambitions créatrices.

Son amour pour la culture se traduit non seulement par sa pratique de la basse, mais également par le soutien philanthropique qu’il fournit depuis plusieurs années à la Fondation des artistes. « La vie, c’est aussi la culture, les arts, les musiciens, les acteurs, l’équipe technique en coulisses, lance-t-il. Sans culture, il arriverait quoi ? Ce serait la fin de notre société, de notre civilisation. »

Afin d’assurer la pérennité de la culture québécoise, Robert Tozzi a décidé de faire un don planifié par legs testamentaire à la Fondation des artistes. Ainsi, à son décès, une part de ses avoirs servira à garantir la poursuite de la mission de l’OBNL fondé en 1984 : venir en aide aux artistes en situation de vulnérabilité.

Pour Hélène Côté, directrice générale de la Fondation des artistes, ces gestes revêtent une importance essentielle dans le contexte actuel.

« La culture québécoise repose sur des artistes passionnés, mais souvent fragilisés par l’absence de filet social adapté à leur réalité. Chaque don planifié devient alors un geste profondément humain qui contribue à protéger notre culture et ceux qui la font vivre. » — Hélène Côté, directrice générale de la Fondation des artistes

Tout le monde y gagne

En optant pour un don planifié, tant la succession que l’organisme soutenu en bénéficient. Pour les héritiers, cette approche entraîne régulièrement une baisse significative des impôts à payer sur la succession. Pour l’OBNL, recevoir un legs testamentaire constitue une manière d’avoir accès à une somme substantielle, permettant souvent d’alimenter un fonds de dotation ou encore de faciliter la planification à long terme grâce à une plus grande prévisibilité financière.

Déjà convaincu, Robert Tozzi prêche la bonne parole auprès de la clientèle de son cabinet. « Quand on veut donner, il faut le faire aux endroits où l’on souhaite laisser notre marque et changer les choses », plaide-t-il.

Pour lui, la philanthropie sert à passer de la parole aux actes. « Si on s’assoit en prenant une bière pour se plaindre, rien ne bougera jamais, illustre-t-il. Mais si on s’assoit avec une bière et qu’on se dote d’une politique de dons en identifiant les causes qui nous tiennent à cœur, on finit par faire une différence au sein de la société. »

Ces contributions sont d’autant plus importantes que la culture demeure le parent pauvre de la philanthropie au Québec. En 2023, seulement 4 % des dons des particuliers étaient destinés à ce secteur, selon le ministère de la Culture et des Communications.

Des artistes de plus en plus vulnérables

Depuis la pandémie, la Fondation des artistes fait face à une hausse fulgurante des demandes d’aide. L’OBNL offre notamment du soutien financier ponctuel ainsi qu’un accès à des programmes d’accompagnement psychosocial.

De 48 demandes par année en 2019, la Fondation répond désormais à une moyenne de 2,7 nouvelles demandes chaque jour. La relève mobilise également une part importante de ses actions : plus des deux tiers des bénéficiaires soutenus sont âgés de moins de 40 ans.

« On l’a vu durant la pandémie, à quel point le milieu était vulnérable », rappelle Robert Tozzi.

Or, malgré la fin de l’urgence sanitaire, les artistes subissent toujours les contrecoups économiques découlant de cette période d’instabilité. Moins de 10 % d’entre eux vivent confortablement de leurs activités professionnelles. Près de deux travailleurs culturels sur cinq peinent à subvenir à leurs besoins essentiels, avec un revenu annuel médian de moins de 21 000 $, d’après l’Observatoire de la culture et des communications du Québec.

Les artistes restent par ailleurs souvent exclus des régimes offrant un filet de sécurité, comme l’assurance-emploi ou le revenu minimum garanti. Ils sont ainsi confrontés à une précarité constante : une période creuse ou un imprévu suffit parfois à transformer une accalmie passagère en catastrophe financière.

« Je ne suis pas inquiet pour les artistes qui sont devenus riches en connaissant du succès, souligne le philanthrope. Mais je le suis pour la jeune comédienne de 26 ans qui se retrouve entre deux contrats et qui en arrache. L’une des missions de la Fondation est justement de les aider au moment où ils en ont le plus besoin. »

Des retombées concrètes

En aidant les créatrices et créateurs québécois qui cognent à sa porte, la Fondation des artistes leur permet de poursuivre leur pratique. Au cours de son exercice financier 2025-2026, l’organisation a remis 887 000 $ en aide directe, soutenant 53 % plus de personnes que par le passé.

« Derrière ces chiffres, il y a des créateurs et créatrices qui ont pu conserver un logement, poursuivre un traitement, terminer un projet ou simplement traverser une période plus difficile avec dignité. » — Hélène Côté, directrice générale de la Fondation des artistes

Près du tiers (30,6 %) des revenus totaux de l’OBNL proviennent de dons individuels, de fondations privées et d’entreprises. Un coup de pouce qui fait la différence en cette ère d’incertitude économique.

« Avec la hausse du prix de l’essence, de l’épicerie et des hypothèques, les fondations font face à de plus en plus de défis », relève Robert Tozzi.

Aucun montant n’est trop modeste aux yeux de l’homme d’affaires. « Ça n’a pas besoin d’être un gros chèque de 5 M$, plaide-t-il. Quand j’étais étudiant à HEC Montréal, je donnais seulement 25 $ par mois dans une police d’assurance-vie en faveur de la Fondation. » Il rappelle que soutenir une cause peut non seulement se faire par un don ponctuel en argent, mais aussi en actions, en assurance-vie, par testament ou, comme il le fait régulièrement dans son cabinet, en donnant des conseils sur la manière optimale de donner en fonction de la situation personnelle du donateur.

Mais si chaque petite contribution compte au fil des ans, ce sont parfois les engagements à long terme qui permettent de bâtir les plus grands héritages. Déjà, en 2011, la Fondation des artistes a pu élargir la portée de ses actions en recevant un legs de 5 M$ de l’acteur et doubleur québécois Ronald France.

Pour Robert Tozzi, le don planifié procure une certaine paix d’esprit.

« Chaque soir, quand je me couche, je me dis que si, demain, je ne me réveille pas, je sais que mon don planifié va profiter à des causes qui sont importantes à mes yeux, raconte-t-il. J’aurai fait de mon mieux pour assurer la pérennité de la mission de la Fondation et celle de la culture québécoise. »

En attendant son dernier jour en ce monde, celui qui aurait voulu être un artiste a déjà bien des projets pour la retraite. En troquant les chiffres sur un bilan financier pour les notes sur une partition, il compte renouer avec sa passion première : la musique.

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